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1 – étape : Lamormenil - Mousny

 

Le temps des châteaux forts avec les ménestrels, les trouvères et les récits de pèlerins m’a toujours fasciné depuis l’époque de mon école primaire. Pèlerin, car c’est de lui qu’il s’agit : celui qui quitte tout pour aller vers l’inconnu en faisant confiance. Cet inconnu correspond à Saint-Jacques de Compostelle depuis 1993.

En 2004, Edgard Deflandre et moi fixons le départ au printemps 2005.

En préparation à cette aventure, j’entreprends avec ma pouliche « Flika » la Transardennaise : une randonnée de 160 Km. La providence va mettre sur ma route dans une vaste hêtraie à Carlsbourg un ami d’enfance d’Edgard : Gérard Rossignon. Les circonstances de cette rencontre relèvent du mystère et fixent mon choix définitif sur Edgard. Pourtant Edgard et moi avons des caractères différents et les affrontements sont nombreux mais se soldent toujours par une élévation réciproque.

Buts de mon pèlerinage : retrouver l’essentiel dans ma vie, réaliser un rêve d’enfant, rétablir une échelle des valeurs, le franchissement des obstacles qui procure le bonheur, cheminer en prière et communion spirituelle avec ceux qui comptent pour moi.

Première étape : 25/03/05 départ. Monique, Léon, Charles, Annick, Caroline, Jean-Luc, Hadrien et Louis assistent au départ. A la fenêtre de l’étage, Annie fait signe. Isabelle nous double en partant en en classe. La maison paternelle me regarde partir. La tasse de café de Samrée réchauffe. La terre sent le printemps et les bergeronnettes me saluent. Le G.P.S. fonctionne. Dans la descente vers Nisramont, je pense à mes fils qui ont été parachutés ici il y a quelques années, et, puis le barrage me rappelle mon école de Lamormenil avec le circuit annuel des 2 Ourthes et ses anecdotes. Une grosse ondée me ramène sur terre. Il douche-douche. Je ne dois pas faire des châteaux en Espagne. Edgard me rejoint dans la montée vers Mousny. Flika a repéré la fontaine du village et s’y désaltère.

L’accueil de Lucie et Jean Sulbout est plus que chaleureux. Ils sont aux petits soins pour nous quatre.

Edgard accomplit sa promenade journalière vers Ortho accompagné de Thémis suivie de plusieurs prétendants. Que de Chiens !!!

Le souper est délicieux. Je dormirai à l’étage dans un vrai lit. Quel bonheur quand on est fatigué de fermer les yeux après avoir lu une prière écrite dans le village de son enfance.

PHOTOS :

1 à 7) Les participants de l’expédition « Saint-Jacques de Compostelle ». 8 - 9) Lucie et Jean SULBOUT, nos hôtes du premier jour. 10) Itinéraire. 11) Ancienne école de Mousny.

2 – étape : Mousny - Morhet


2ème étape : Mousny - Morhet. Lever 6 H, petit déjeuner. 7 H 1/2 départ. A mi-chemin, plus de route sur mon G.P.S. seulement les

« WayPoint ». Edgard me téléphone de Bastogne : « Catastrophe, l’élévateur est bloqué !!! ».

Vous devinez mes sueurs. Je perds du temps dans la recherche de ma route. Sous les éoliennes de Sainte-Ode, une troupe hollandaise passe à côté de Flika et de mon désarroi. Les ennuis techniques sont vite réparés et nous nous retrouvons chez Anne et Georges Martin.

Flika, son pré et son ru. Nous nous trouvons comme chez nous. Aujourd’hui, j’ai 58 ans et le fils de la maison, François-Nicolas 19 ans. Ca tombe bien. Nous sommes tous réunis autour de la grande table pour le repas du soir.

Georges, Anne iront à la Veillée pascale et feront tamponner notre crédential.

PHOTOS :


1) Carte région.

2) Georges MARTIN et José.

3) Anne MARTIN préparant le souper.

4) C’est l’anniversaire de José et Jean-François, le fils de la maison.

3 – étape : Morhet - Thibessart


3ème étape : Morhet - Thibessart. 27/03/05. Pâques. Lever à 6 H, mais il en « sept, un léger … ». Je réagis encore comme un « pris par le temps ». Anne et Georges m’accompagnent sur la route quelques km et puis je suis seul dans une nature dans laquelle il n’y a que la vie : le blé naissant, les oiseaux, les fermes éparpillées. Sur le bord du chemin : les bouteilles de bière et d’alcool. Je revis mon passé. Je revois ma cellule et mes codétenus dont je tairai les noms mais dont le visage reste dans mon esprit. Eux sont immobilisés, à côté il y a l’autoroute avec la vitesse, et, moi au rythme d’un cheval. Je me sens libre parmi les « enchaînés de notre temps ».

Je remercie Edgard pour les routes calmes qu’il me programme. Mon fils Christian vient de venir avec Annick et les petits. C’est fini la Belgique. Demain soir nous sommes en France. Une dernière prière dans l’église de Thibessart

qui sent l’encens du matin et … à demain.

PHOTOS :


1) Itinéraire. 2) Carte de la région + implantation du camping.

3 à 6) Il fait très froid à Thibessart.

4 – étape : Thibessart – Thonne-La-Long (France)


4ème étape : Thibessart - Thonne-La-Long. Nuit froide de Thibessart. A 6 H, le G.S.M. d’Edgard me réveille. L’obscurité est totale. Nous déjeunons dans la FORD. Thémis épie les premières lueurs. Dès 7 H 1/2 sous un brouillard très dense j’entame ma route. Edgard me fait marcher. Mes pieds parlent : le droit, puis le gauche. En selle ma fesse gauche rouspète. « C’est le métier qui rentre » aurait dit mon papa. Croyons-le !!! A Marbehant, la purée de pois allonge mon itinéraire car je n’ai pas vu le passage sous les voies du chemin de fer. Le cheval a soif. Bellefontaine est sans fontaine visible par nous. Un couple amène une belle cuvette d’eau. Merci à ces étrangers. La descente de Lahage est splendide. Si chez nous il n’y a que des tussilages, ici il y a des ané-mones, des pervenches et même des ficaires. Me revoilà à l’école et les visages refont surface. Je revois Joseph Bernier, Roger Cornet. Ceux-là deviendront agents techniques des Eaux et Forêts. Edgard me communique les coordonnées de son point de chute. Il est en France à Thonne-la-Long. Et vient à ma rencontre. Nous sommes accueillis à bras ouverts par ces amoureux des chevaux, Jean-Marc et Mireille Jacmart. Flika est admirée et nous sommes invités à souper. Je dors dans une caravane.


PHOTOS :        1) Itinéraire. 2) Jean-Marc JACMART. 3) Mireille JACMART. 4) L’écurie. 5) José remet des nouveaux clous. 6-7-8) Le souper chez nos hôtes.

5 – étape : Thonne-La-Long - Vittarville


5ème étape : Thonne-La-Long - Vittarville. Mardi 29/03/05. De Thonne-La-Long vers Ecouviez à travers une magnifique futaie. La traversée de la voie ferrée va poser problème, car je ne trouve pas le tunnel. Enfin, j’arrive à Marville et la montée vers Delut et Vittarville est splendide. Nous allons à Verdun en camionnette pour adapter nos G.S.M. au régime français.

Je dors dans une grange et Flika a une grande prairie avec des coucous bien verts. Quant à Thémis, depuis sa décharge élec-trique d’hier, elle refuse de manger et fait la tête. J’ai communiqué mon nouveau N° de G.S.M. à Christophe, qui m’apprend que la dalle de sa maison est coulée. L’usure des fers de Flika m’inquiète car la route agit comme une lime. Hier, j’ai remplacé une dizaine de clous. Pourtant il n’y a pas une semaine que Yannick l’a ferré. Cette nuit il y aura vraisemblablement un vêlage. Nous remer-cions les gens qui nous hébergent. Eux, ils disent : « non c’est à nous de vous remercier pour votre passage et votre visite ». Ils nous suivront grâce à internet. J’en suis persuadé.

PHOTOS :


1) Itinéraire.

2-3-4) La ferme de Montfuseau à Vittarville.

5) La famille HENRI au complet.

6) José en compagnie de Jean-Yves & Marie-Hélène HENRI, et leur fille.

6 – étape : Vittarville – Montfaucon-sur-Argonne


6ème étape : Vittarville - Montfaucon-sur-Argonne 32 km. 30/03/05. Mercredi. J’ai dormi dans une grange et il a plu. J’ai été réveillé par des gouttes d’eau froide qui me tombaient sur les oreilles. Ca vous remue.

Cette journée pourrait s’appeler celle des chevaux car il y en a beaucoup le long du chemin. Ils attendent leur propriétaire pour une promenade mais souvent il ne viendra pas. En parlant de promenade je revois les randonnées avec le manège de Louis et Edith. Que d’anecdotes surgissent !!! Ca me rajeunit !

Pourquoi suis-je parti avec Flika ??

1°) J’aime les chevaux et j’éprouve le besoin d’une compagnie pour marcher.

2°) Les chevaux de trait sont moins fougueux.

3°) En souvenir de mon papa qui durant toute sa vie a bénéficié de leur aide.

4°) Edgard est un amateur fervent des chevaux de trait ardennais. Hier encore il me disait : « Que Joseph, mon grand-père aurait été heureux de cheminer avec toi ».

5°) Grâce au cheval, les contacts se nouent plus facilement.

Cette journée de jeudi a été pluvieuse et la cour de la ferme de Montfaucon a mis les nerfs d’Edgard à vif. Ca ira mieux demain quand la boue de la camionnette aura disparue et qu’elle sera nec + ultra pour un mec + ultra.

PHOTOS :


1) Itinéraire. 2) Edgard & Thémis avec le paternel FRANCOIS. 3) José avec le patriarche FRANCOIS. 4) Mr. & Me. Joël & Christine FRANCOIS, nos hôtes - Joël François qui est aussi échevin des travaux. 5) Article

7 – étape : Montfaucon-sur-Argonne – Conrupt (Futeau)


7ème étape : Montfaucon-sur-l’Argonne - Conrupt (Futeau) 31/03/05. Hier, nous avons traversé La Meuse à Vilosnes-Haraumont. C’est un événement pour FLIKA l’Ardennaise.

Ce jour, 39 km à pied par la Haute Chevauchée qui rappelle les événements tragiques de 14 - 18. Il faut savoir que nous sommes dans les alentours de Verdun. Malgré la pluie matinale, je suis joyeux. Un « Vieux » a veillé sur Flika, lui a donné foin et eau dans sa prairie sans m’avertir. Merci. Je chemine durant une quinzaine de km en chemin forestier. Je rencontre un promeneur qui me fait penser à André Godfraind, lui aussi, je l’avais rencontré dans la préparation physique de Flika. Il y avait de la neige et nous avions parlé un moment du passé. En parlant de passé, que de croix dans cette forêt remémorant les victimes de la grande Guerre. Qui dit croix, dit peine. Tout le monde porte la sienne. Certaines sont plus lourdes que d’autres. Peut-être sont-elles adaptées à nos forces !!! A cette heure, Edgard prépare mon itinéraire pour demain, pendant que je réalise le compte-rendu journalier. Nous nous trouvons dans la cour d’une ferme, (non navigable, comme dirait Edgard). Edgard est ravi : il a son électricité, Flika son pré.

Durant la route, la coquille St-Jacques indique aux passants ma destination. C’est incroyable tout le monde connaît. Personne ne se plaint des repas. Peut-être le café de ce soir laissait-il à désirer comme celui de Canigou.

PHOTOS :


1) Itinéraire 2) La ferme de la famille MENUT. 3) Mr.&Me MENUT Claude & Madeleine. 4) Jean-Pierre MENUT et son chien Duc. 5) Claude MENUT sur son quad.

8 – étape : Conrupt - Possesse


8ème étape - Conrupt - Possesse. 01/04/05. Au moins ce matin, nous sommes tranquilles. Plus de reporter de l »Est Républicain » qui au saut du lit que dis-je de la paille retarde notre progression. Nous avons répondu dans l’espoir d’être suivis. Il faut une fa-meuse dose de courage, d’espérance, de désintérêt financier pour bénéficier d’un épanouissement certain car à tout âge on peut fleurir.

Flika marche libre légèrement devant moi, prend le petit trot puis, … puis au « djal ». Je ne parviens pas à la suivre. Elle a mon G.P.S. et mon sac dans le chemin forestier. Au carrefour suivant elle est arrêtée et me regarde souriante. C’était son poisson.

Loin de Lamormen-île, comme dirait Jean-Luc Renck, arrive Jean-Claude Coenen incroyable mais crédible vu les couleurs prin-tanières filtrées par un mélange de soleil et de brume. C’est vraiment un site pour un artiste peintre. Nous papotons un peu et puis continuons notre route. La notre s’arrête ce jour à Possesse dans un élevage de chevaux de trait ardennais français. Quelle force il se dégage des étalons c’est pour cela que Flika me fausse compagnie une deuxième fois avant la vérification de sa ferrure. Je dormirai dans une sellerie. Edgard a fait les courses pour les repas. Nos régimes sortent vraiment de l’ordinaire !!! Mais nous tenons le coup.

PHOTOS :


1) Itinéraire. 2-3) José & Flika sur la route pour Possesse. 4-5) Le logis des LHUAIRE. 6-9) Une partie de l’élevage équin des Lhuaire. 7-8) Le paternel Lhuaire. 10) L’élevage ovin de Me. LHUAIRE. 11-12) Arrivée de José & Flika chez les Lhuaire à Possesse. 13) José vérifie l’état des clous. 14-15-16) La famille LHUAIRE.

9 – étape : Possesse - Favresse


9ème étape - Possesse - Favresse. 02/04/05. Le G.S.M. n’a pas alerté José qui se lève en retard (6 H 1/2). Edgard lui lance une oeillade dont il a le secret. A 7 H 1/4 je suis à cheval. Ca épate … vous savez qui !!!. Anniversaire d’une personne qui a beaucoup fait pour moi mais qui est dans l’erreur. Lorsque mon GSM capte j’apprends que la famille Joris-Lambert vient nous voir demain. J’avertis Edgard qui agit en conséquence.

Flika a 2 ennemis : les bécasses et les faisans. Leur envol brutal et lourd la surprenne chaque fois. Il faut réagir vite et bien. J’ai resserré sa gourmette.

Edgard m’envoie les coordonnées du point de chute. FAVRESSE. N 48 43 03 E 04 43 57. Campement impeccable. Comme chaque jour Edgard et Thémis viennent à notre rencontre. Nous formons une équipe super - efficace.

Le maire, contacté par mon ami, a passé les clés de la Salle des fêtes. Flika a son pré : le luxe quoi !!!. Et quel accueil. Je dois ré-harnacher mon cheval pour les photos du reporter de « UNION ». Les questions fusent. Les enfants sont là, les adultes arrivent : des os pour Thémis, du gâteau pour moi (Edgard ==> jamais de sucreries).

J’ai fait ma lessive. Elle pourra sécher demain car c’est jour de visite et de repos. Nous nous sentons aimés par ceux que nous rencontrons. Que de bras levés !!!. Avant notre arrivée, on nous connaît déjà. Edgard et moi nous posons cette question : « Com-ment réagirions-nous chez nous face à l’arrivée de 4 êtres de notre espèce ? »

Jusqu’à présent tout a été écrit à chaud même par temps pluvieux et froid.

PHOTOS :


1) Itinéraire. 2) José & Flika peu avant Favresse. 3-4) Nous quatres près du lavoir à Favresse. 5-6) Lavoir. 7) Mr. Jacques LOISELET, Maire de Favresse. 8) Mr. & Me. Jacques & Florence LOISELET - FABISIAK. 9) Leur fille. 10) La lessive de José. 11) Edgard fait ses cigarettes.12) Article de L’EST REPU-BLICAIN, nous concernant, écrit par Florence FABISIAK.

10 – étape : Favresse – Montmorency-Beaufort


Dimanche 03/04/05 - 1er jour de repos. J’apprends le décès du pape J.P II survenu hier soir. Voici quelques remarques sur ces premiers jours : Mes pieds tiennent le coup. Je ne suis pas fatigué. Menu de la journée : matin : café + 20 cm de baguette. En route 1 chocolat. Après 20 km : 1 pomme, 1 boîte de sardines, 15 cm de baguette. Vers 17 H : 3 oeufs + pain + soupe.

La vigilance reste de mise avec Flika. Elle m’a faussé 2 fois compagnie par panique. L’itinéraire préparé par Edgard est super. Thémis prend de plus en plus de liberté. Le chemin fait le pèlerin et pas le contraire. L’état d’âme dépend des éléments extérieurs. Malheureusement, même à cheval, nous ne prenons pas le temps de nous documenter sur les lieux traversés. On est pris par l’étape. Jusqu’à présent, je veux arriver au point de chute le plus tôt possible. Peut-être est-ce une erreur ? Arrivée à destination journalière : +/- 15 H. Quant aux journées d’Edgard, elles sont bien remplies : Déjeuner - Au revoir à ceux qui nous ont hébergé, contrôle des cahiers signatures, achats ravitaillement, recherche du nou-veau lieu d’hébergement, envoi SMS coordonnées, séance - photos, rencontres, attente et rencontre de José, préparation et enregistrement des itinéraires, enregistrement du compte-rendu de la journée.

« Hê ! Ramasse li bowèye » me crie Edgard. Il se met à pleuvoir. Voilà l’entraide.

Vers midi, le maire vient nous saluer, rapporter le cahier dans lequel il a fixé des pensées signées. La famille JORIS—LAMBERT fait ici un pas-sage ECLAIR. Christian tient cela de … moi. Je pense à demain. Edgard dit : « Laisse penser les … ».

10ème étape—Favresse - Montmorency-Beaufort. 04/04/05. C’est reparti. La halte a fait du bien physiquement. Les nombreux enfants et adultes cotoyés montrent l’importance des contacts humains à notre époque de la vitesse. Je me pose beaucoup de questions. Edgard a toujours la même réplique. Vous la connaissez.

Nous comptons rejoindre Montmorency-Beaufort cet après-midi. Personne ici à Favresse ne connaît ce lieu distant de 32 km (incroyable !!!).

A 7 H je démarre. Je mange les dernières galettes de ma soeur Dédée qui sont redevenues farine vu qu’elles se trouvent sur le cheval depuis 5 jours. Ensuite, je savoure les gâteaux offerts hier par la fille du Maire. Les prunelliers sont fleuris et les premières tondeuses se font entendre. Edgard me double et me tend une pomme pour la soif. Il est attentionné !!!.

J’ai traversé une route à 4 bandes avec circulation intense de gros poids lourds. Au milieu de la route Flika avait des camions roulant à vive allure derrière elle et devant elle. Ma vie tenait à un fil ou plutôt à une rêne.

Edgard va de Maire en Maire. Il nous a trouvé un logis super. Je dors dans une salle de traite. La fille à un regard connu, une intonation de voix connue, une silhouette connue. Qui se cache sous cette bombe ??. C’est Véronique Servais. Et pour une fois mon ami et moi sommes totalement d’accord.

A Drosnay j’ai aperçu une église en colombages. Le temps est ensoleillé. Les discussions avec le Maire et les gens du voisinage seront longues. Comment se fait-il que mon ami trouve des coins si merveilleux. Je m’en doute mais je ne dis rien.

PHOTOS :


1) Itinéraire. 2) Plaque indicatrice de lieu. 3) La propriété de Mr. Pierre LHUILLIER, Maire de Montmorency Beaufort. 4) José en très grande discution avec le Maire. 5) Thémis et Melle. LHUILLIER. 6-7-8) La voisine de Mr. Lhuillier, qui ressemble à Véronique servais et en compagnie de José. 9-10) Coquille St-Jacques sculptée dans la tablette de cheminée en marbre blanc dans le salon de Mr. Le Maire. 11)Vieille carte postale de Montmorency Beaufort.12-13) Une bonne « petite goutte » avant le départ.

11 – étape : Montmorency-Beaufort – La Loge-aux-Chèvres


11ème étape Montmorency-Beaufort - La Loge-aux-Chèvres. 05/04/05 Mardi. Que d’émotions lors du départ !!! Le Maire est là dès 7 H avec la « goutte » de prunes de son jardin. Verre de l’amitié = Alcool 40°. Il nous réserve une surprise. Son épouse nonagénaire est sur le seuil, regardant Flika. « C’est vraiment notre biquette : leur cheval de labour ». Tous les deux ont les larmes aux yeux. Edgard est touché. Dès que je suis sur la route, je revois Honoré Lansival, le papa de Monique qui, lui, buvait sa grande goutte avant de commencer sa journée. Le combi de la gendarmerie me double. Les occupants me font signe et appuie leur salut par 3 tours de gyrophare. Peut-être sont-ils contents sur Flika qui possède un feu clignotant rouge à la queue. Mon ami est venu à ma rencontre, mais se trouve sur la rive opposée du lac. Et le GSM qui ne passe pas !!! « ça va gueuler à mon arrivée ! », pensai-je. Non, car il se trouve chez Madame Pescarolo, Le Maire. Henri Pescarolo, le coureur automobile a sa rue ici. Je dors à la mairie. Le cheval est dans le jardin de l’école. Le Maire et son mari nous apportent du gâteau et du café. Quelle réception ! Assis autour de la table nous discutons d’environnement, de rythme de vie, du décès du pape, des drapeaux en berne. En plus de tout cela : voilà le soleil. Je remplace quelques clous aux fers et en profite pour acheter de l’avoine. Que nous réserve demain ?

PHOTOS :

1) Itinéraire. 2) Me. Janine PESCAROLO et son mari, Maire de La Loge-aux-Chèvres. 3) José & Flika en compagnie de Madame le Maire.

12 – étape : La Loge-aux-Chèvres – Villiers-sous-Praslin


12ème étape La Loge-aux-Chèvres - Villiers-Sous-Praslin. Mercredi 06/04/05. Ayant inversé les polarités d’un accu de mon GPS, celui-ci ne fonctionne pas. Je découvre l’erreur et répare. Ne voilà-t-il pas qu’il se met à digérer les distances à une vitesse VV’. A le suivre je serais déjà à St.-Jacques ce soir. Edgard me double. Une lampe clignote au tableau de bord l’inquiète. Qu’on le veuille ou non, tous ces pépins influencent notre comportement.

Les hirondelles sont de retour. Ici les blés lèvent déjà. Quelle différence avec notre rude Ardenne. Nous traversons la Seine. De nouveaux que de gros camions. Mais Flika est de plus en plus docile. Elle a urinée une dizaine de fois. Elle commence ses chaleurs.

Edgard vient à ma rencontre et a failli me louper car je cassais la croûte dans un chemin de traverse.

Nous logeons chez Madame le Maire. Celle-ci vient du pays voisin dit son mari. Je la croyais Espagnole. Mais erreur, car en France le pays voisin correspond au village d’à côté.

Comme c’est mercredi le congé scolaire de l’après-midi a vu une douzaine d’enfants me suivrent à vélo et me posant beaucoup de questions sur mon « VOYAGE ». Ils sont émerveillés. Ca me rappelle ma petite école et mes élèves que je considérais comme mes enfants. La pluie se met à tomber.

Les constructions sont presque toutes entourées de clôtures, murs, barrières de toutes les sortes. Que de fermetures !!! Pourquoi ? Les vols ? Egoïsme ??? Repli sur soi ???. On ne veut plus connaître le voisin. On n’en a plus besoin. Et pourtant le besoin de dialogue est bien nécessaire. Nous le sentons. Nous le vivons au jour le jour.

PHOTOS :  1) Itinéraire. 2-3) Me. TABOURET, Maire de Villiers-sous-Praslin, et son mari. 4-5-6-7) Eglise et détails de coquilles St-Jacques.

13 – étape : Villiers-sous-Praslin - Dannemoine


13ème étape Villiers-sous-Praslin - Dannemoine. 07/04/05. Hier, Madame le Maire m’a fait visité l’église rénovée. Beaucoup de coquilles saint-Jacques comme motif décoratif preuve que nous sommes sur le bon chemin.

Et la nuit. Quelle nuit !!! Du vent !!! Je dormais dans un hangar j’avais peur d’entendre le toit s’envoler. Même les hiboux n’avaient plus de voix.

Matin. Je selle avant la pluie. Et puis la voilà qui va m’accompagner toute ma route. Mais je suis heureux. Flika et moi avons toutes les cartes en main pour arriver au but. Les jambes, les pieds, la tête. Tout extra. Et puis il y a les soutiens lointains et proches. De plus j’ai une assistance de premier ordre : un gars équipé, ordonné, travailleur, preneur d’initiations. Je pense beaucoup à mon fils Christophe qui construit sa maison. Ici il y a beaucoup de tas de pierres résultant d’annexes agricoles démolies car inutiles ou dangereuses.

Cette nuit, je la passe dans une ferme scierie. Je serai éveillé vers deux heures quand on viendra chercher le lait. J’ai parlé avec un sculpteur belge qui travaille ici. S’il n’y avait la pluie ce serait plus que formidable. Vézelay c’est pour bientôt !!! Peu de jours !!! Je l’ai téléphoné à Annick.

Avec ma gueule de Juif errant, de pâtre grec, mon cheval et moi avançons bien. Et … Nous nous aimons de plus.

PHOTOS :  1) Itinéraire. 2-3) Les bâtiments de La famille ROOYER à Dannemoine. 4-5-6) Mr. & Me. Charles ROOYER et leurs enfants. 7-8-9) Thémis admire le déversoir sur Yonne à Dannemoine. 10-11-12-13) Le sculpteur Michel YSEBOODT à l’ouvrage et deux de ses sculptures. 14-15-16-17-18) Vieilles cartes postales de Dannemoine. 19) Une dernière photo des lieux.

14 – étape : Dannemoine - Sacy


14ème étape Dannemoine - Sacy. 08/04/05. Arrivée à Sacy.

Je suis éveillé à 3 H. du matin par le camionneur laitier et puis un va-et-vient inquiétant sous mon lit me réveille à nouveau : des rats, des rats qui se poursuivent. Ca me rappelle le pélé de Chartres il y a quelques années. Christophe et Emmanuel Tilleux étaient encore gamins. J’avais connu le pèlerinage du monde du travail de Chartres grâce à Marie-Henriette Gigi, la soeur de l’abbé Michel Gigi d’Aubange décédé au Ruanda en 1994, l’année du génocide.

Depuis 4 H, je suis sur pied et je veille. Mon ami s’amène à 6 H 1/4. A 7 H, je suis sur la route pour 36 km. Je me réchauffe en plaçant mes mains sur la peau de Flika. Vers 14 H, la pluie fait son apparition et j’arrive à Sacy sous la drache mêlée aux grêlons. Vite à l’abri !!!

PHOTOS :    1) Itinéraire. 2-3-4-5) Vieilles cartes postales de Sacy.

15 – étape : Sacy – Asnières-sous-Bois (Vézelay)


15 ème étape Sacy - Asnières-sous-Bois. 09/04/05. Hier, nous avons traversé les vignobles de Châblis. Quelle terre rocailleuse !! Tout était brun : Terre nue, pierrailles, ceps sans feuille. Ce matin, Thémis avait mal une patte antérieure. Elle se faisait choyer tout en tirant sa tête de malheureuse. J’ai rencontré deux pèlerins parisiens qui se rendaient à Compostelle pour la 6ème fois. Ils logeaient à Vézelay. Ici à Asnières-ss-Bois nous nous reposerons demain. Flika a une belle prairie.

Dans les prochains jours, Edgard va transférer sur le site internet via l’ADSL, ce qu’il a réalisé sur son ordinateur.

A remarquer qu’à présent à cheval, je lis, je mange, je bois, je prends des notes, je prie, je consulte mon GPS - ou je téléphone.

10/04/05. JOUR DE REPOS . Dimanche.

Voici quelques proverbes qui prennent toute leur signification : garder une pomme pour la soif / à chaque jour suffit sa peine / chaque jour nous réserve son lot d’imprévus / demain est un autre jour /

Jour après jour, au rythme du pas d’un cheval de trait, nous avançons sud-ouest. Comme les oiseaux migrateurs le sens de la marche se fixe dans ma tête. Au carrefour, souvent, je sens la direction à prendre.

C’est bizarre, je me souviens plus des jours antérieurs que de la veille. La nuit passée dans l’allée centrale d’une étable avec des vaches à droite et à gauche me laisse un bon souvenir car j’y ai eu bien chaud : 30 vaches c’est un fameux réchaud, après une journée de douches.

La chaleur est un élément important dans nos vies. Hier une dame voyant mes mains rougies par le froid m’a offert des gants. Edgard a souvent froid aux pieds. Le froid est cruel. Le terme : fonder un foyer signifie bien ce qu’il veut dire. Fondation solide et chaleur humaine engendre une paix intérieure nécessaire à l’éclosion et à l’épanouissement du bonheur.

10/04/05. Repas des gentils.

Ce jour, nous décidons d’aller au restaurant. Edgard a repéré un endroit mais il y a un seuil (2 marches). Je vais m’informer et le patron me rassure. Pas de problème. Pour lui; Pas sûr pour mon ami. Midi nous sommes là, Bouboule arrive avec sa camionnette et 2 madriers. Tout s’arrange. Une serveuse a peur de Thémis ; la tendresse. Fin du repas, nous faisons la connaissance, grâce à la chienne, d’un gars de Clamecy qui a l’ADSL. Rendez-vous est pris chez lui pour cet fin d’après-midi : 17 H. Avec une heure d’avance nous partons et providence : le type chez qui nous nous rendons, sort seulement du resto. Il suffit de le suivre. Mais là, plus 2 marches mais 12. Edgard fait ses yeux noirs. En moins de temps qu’il faut pour l’écrire, l’internaute est installé à l’étage. Nous recevons beaucoup de messages d’encouragements et nous transmettons nos informations.

Nous tenons à remercier tous ceux qui de Belgique nous transmettent des paroles de soutien. Nous penserons à elles sur notre route. Un merci tout particulier à cet habitant de Clamecy, Monsieur Marcel SIMIER, qui s’est coupé en 4 pour nous aider à raccorder.

Cette journée se termine vers 21 H. 30. Je place mon lit sur une table dans une grange pour être hors d’atteinte des rats qui vont me rendre leur visite nocturne. Installé là-haut, je ferme les yeux et je pense. Je me mets à rire car je sais que je terminerai ma vie sur une table et dans une caisse. Je voudrais connaître les pensées de ceux qui me rendront visite à ce moment. Je voudrais mourir pour rire.

PHOTOS :


1) Itinéraire. 2-3) Nos hôtes Mr.&Me.PESSIN Lucien & Micheline. 4) Une partie des bâtiments. 5) Une partie du village de Asnières-sous-Bois. 6-7) Les restaurateurs Bouboule et sa femme, du restaurant Le Relais d’Asnières. 7-8-9) Cartes postales d’Asnières-sous-Bois. 10) Carte région Vézelay. 11 à 30 ) VEZELAY.

Sceau et Coquille.


16 – étape : Asnières-sous-Bois (Vézelay) – Cuncy-Les-Varzy


16ème étape Asnières-sous-Bois - Cuncy-Lès-Varzy. 11/04/05. Notre chemin de ce jour nous conduit à Cuncy-Lès-Varzy en passant par La Maison-Dieu. Régulièrement, j’aperçois des coquilles jaunes et une flèche indiquant Compostelle. Nous rencontrons six pèlerins. Je fais une partie de chemin avec eux. Ils admirent Flika. Vézelay est dans mon dos depuis ce matin, c’est bon signe. Ces textes contiennent sûrement des erreurs orthographiques et autres car notre désir n’est autre que de garder le contact avec les nôtres et ceux qui s’intéressent à notre route. Dans notre périple nous accordons beaucoup d’importance aux relations humaines. Je suis allé visiter l’église. Celle-ci était fermée à clef. Sur le retour, je rencontre un jeune qui bêche son jardin. Un héron passe et j’en profite pour lier connaissance. Il m’invite à prendre un thé. Il m’apprend que l’église est toujours ouverte. Il est étudiant en agriculture à Nevers et sa soeur est infirmière à Paris. Le soir, je vais prendre des photos. Le maire passe et s’arrête et me ramène en voiture. Vous ne pouvez comprendre l’esprit qui nous anime. Je dors sur un vrai matelas sur lequel je place mon sac de couchage.

PHOTOS : 1)Itinéraire. 2) Mr. Raymond NIQUET, Maire de Cuncy-Les-Varzy. 3) Thémis et Mr. Le Maire et le chien du Maire. 4) La demeure de Mr. NIQUET. 5) Edgard en compagnie de Mr. NIQUET. 6) José en compagnie du Maire. 7) Thémis dit au revoir à Mr. Le Maire. 8-9-10) Eglise de Cuncy-Les-Varzy.

Tonnerre et Tonnerrois


Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle :

Pèlerin des temps modernes


Un retraité belge fait son pèlerinage à cheval, guidé par un handicapé moteur qui utilise un GPS de son véhicule. JOSÉ JORIS est un enseignant retraité, Belge, en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. Il est parti de Belgique, des environs de Manhay, se déplace sur un cheval ardennais et vient d’être accueilli chez le maire de Cuncy-lès-Varzy, Raymond Niquet, avec tout son équipage. 30 à 35 km par jour En effet, il n’est pas seul pour ce périple, il a un guide motorisé. José explique : « Un jour, en raison de ma passion pour l’histoire du Moyen Age et de mes convictions religieuses, un stagiaire m’a offert un livre sur le pèlerinage. Il m’a convaincu. Je savais que je prendrais le départ, le moment venu, mais pas seul. A la retraite, après une préparation physique, j’ai parlé de mon projet à un ami, Edgard Deflandre, victime de la poliomyélite à 3 ans et handicapé moteur, une grosse tête à forte personnalité. Il a bien voulu m’accompagner, mais à deux conditions, que je parte de Belgique et sur un cheval ardennais ! J’ai relevé le défi et découvert Flika, mon cheval. Edgard a pris soin de faire aménager son camping-car pour pouvoir en sortir facilement avec sa voiturette électrique. Passionné d’informatique, il a intégré un logiciel GPS dans son ordinateur de bord et nous avons pris le départ le 25 mars ». A raison de 30 à 35 km par jour, José, Flika, Edgard et son chien Thémis ont prévu d’arriver vers le 10 juillet. Chaque jour, le cavalier prend la route à 7 heures. De son camion, Edgard guide José qui suit les flèches sur son petit terminal muni d’un écran. Il dispose tout de même d’une carte pour repérer les lieux où il passe. Il explique : « La précision est telle que je suis arrivé vers 14 heures dans la cour de Monsieur Niquet, sans problème. Edgard arrive en avance et cherche refuge en zone rurale. Avec un cheval, on est toujours bien accueilli. Cette pratique favorise les contacts. Nous avons décidé en effet de donner plus d’importance à l’humain qu’aux monuments. L’après-midi, nous rédigeons le rapport de la journée, disponible avec photos sur un site que consultent chaque jour nos familles et nos amis ».


Claude SIGNOLET.                                                                18.04.05 à 06h01


L’aventure n’a pas manqué de surprendre et de séduire Raymond Niquet, à gauche, qui découvre l’écran dans le camping-car en compagnie des deux complices, José

17 – étape : Cuncy-Les-Varzy – Dompierre-sur-Nièvre


17ème étape Cuncy-Lès-Varzy - Dompierre-Sur-Nièvre. 12/04/05, mardi.

Le calme avant la tempête. Arrivée à Dompierre-sur-Nièvre. Cette journée est la plus belle à tous les points de vue : climat, paysage : le matin, les chevreuils vagabondent autour de Flika, point de chute : salle avec eau chaude et froide + pré + cour intérieure fermée par une grille. Mais, mais, demain, il y a la traversée de la LOIRE à LA CHARITE-s-L. avec une 20taine de WAYPOINTS.

Normalement le soleil sera avec nous et puis tout le reste. RDV demain après bien des transpirations sans doute. Ce jour j’ai fait ma lessive. 19 H 30. Que vont-elles devenir ces fermes obsolètes parfois en ruine ??. Et ces églises fermées mais souvent en rénovation ??. C’est à n’y rien comprendre !!! Les hangars métalliques énormes et récents abritent des troupeaux qui pataugent dans la gadoue pour ne pas dire autre chose !!! Des bêtes qui n’ont de nom que le N° qui pend à leurs oreilles. Ne pourrait-on pas dire pauvres bêtes par rapport à celles d’il y a cent ans dont on avait fêté la naissance par une petite goutte en disant : « Dommage c’est un taureau », ou « C’est une génisse qui de nouveau nous donnera des veaux »

PHOTOS :        1) Itinéraire. 2) Mr. Eric GUYOT, Maire de Dompierre-sur-Nièvre. 3-4-5-6) Arrivée de José & Flika à Dompierre-sur-Nièvre.

7-8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18) Vieilles cartes postales de Dompierre-sur-Nièvre.

Remarque : La N° 11 c’est l’école, qui est devenue Mairie, et c’est là que nous avons logé.

18 – étape : Dompierre-sur-Nièvre – Jussy-Le-Chaudrier


18ème étape Dompierre-sur-Nièvre - Jussy-le-Chaudrier. 13/04/05. 15 H 10.

Depuis le départ, je parcours la plus longue ligne droite en forêt et le coucou me salue sans cesse. De multiples chevreuils cabriolent à gauche et à droite. C’est le paradis. Je me revois près de Bergister avec Deborah, Orise et Magico.

La traversée des deux bras de la LOIRE à La Charité-sur-Loire m’a fait pleuré de joie. Je la craignais cette étape et tout s’est déroulé à merveille. Qui eut dit en 1979 quand j’ai traversé ces ponts avec Roger Thirion, je le retraverserais à pied avec un cheval de trait ardennais alors que lui se trouverait sur l’autre rive.

Nous logeons dans de superbes installations à Jussy-le-Chaudrier. Le Maire est venu apporter de quoi apaiser la soif de Flika et la notre. Merci.

En parlant d’imprévus en voici 3.

1)Une nuit le câble d’acier tenant le lit d’Edgard s’est brisé. Celui-ci s’est retourné sur le plancher sans lumière car l’accident avait provoqué un court-circuit. L’éclairage de sa voiturette a permis de solutionner le problèmes ce qui a pris une bonne partie de la nuit.

2)Un domaine militaire nous oblige à changer de cap. Ce qui nous contrarie vraiment.

3)Nous venons d’étrenner une nouvelle plaque chauffante. Elle permet d’installer nos 2 rations, elle n’est pas plus rapide que le gaz mais elle évite brûlures et éclaboussures.

Dans les ruelles de La Charité-sur-Loire Flika a été formidable. Elle m’a rassuré lorsque la densité de circulation était trop grande elle se casait entre deux voitures à l’arrêt. Elle a été remerciée, admirée, photographiée : elle sait poser ma pouliche. Elle m’a demandé : « Ne suis-je pas la première pouliche de trait ardennais à passer sur ce pont cette année à pied ?. » et de continuer : »On dirait que ces passants sont hypnotisés par ma beauté. Si Paul Laurant me voyait comme ça, il rougirait de plaisir et de fierté, lui qui nous a toujours mis a l’honneur.

PHOTOS :


1) Itinéraire. 2-3) A l’approche de Jussy-le-Chaudrier. 4-5) En compagnie de la fille du Maire, de l’épouse du Maire. 6-7-8-9-13) Flika se restaure, surtout en picotin. 10) Mr. DUTERDE, Maire de Jussy-le-Chaudrier, avec son fils Eric en compagnie de Flika. 11-12) La salle polyvalente. 14) Eglise de Jussy-le-Chaudrier. 15-16-17-18-19) Vieilles cartes postales de Jussy-le-Chaudrier.

19 – étape : Jussy-Le-Chaudrier - Croisy


19ème étape Jussy-le-Chaudrier - Croisy. 14/04/05 jeudi. Arrivée à Croisy 35,7 km.

Tous les matins, j’ai froid aux mains jusqu’à 10 H. Le soleil printanier nous gratifie de ses rayons. Malgré la nuit réparatrice, nous sommes tous les quatre fatigués. Sur ma route, les nombreux puits avec margelle accompagnant les demeures. Leur chaîne rouillie témoigne de leur inutilité. Même chose pour les vieilles machines agricoles : la rouille opère son oeuvre. J’ai remarqué une église en ruine. Les ancêtres l’avaient pourtant érigée. Malgré le soleil, la campagne est déserte. Il y a cent ans, que d’animation ici : des attelages, des chevaux et des gens qui peinent. Savez-vous que pour charruer 1 Ha, le paysan et son cheval doivent parcourir entre 40 et 50 km ?

Deux écureuils ont voulu jouer à cache-cache avec Flika. Edgard a vu toute une famille. A propos de famille, de nombreuses brebis, chacune avec son ou ses agneaux respectifs profitent de la chaleur dans la paix et la sérénité. La nature nous en donne des leçons !!! Nous sommes dans une salle polyvalente avec toutes les commodités : un luxe.

Le Maire et son épouse viennent passer une heure chez nous le soir. Nous apprenons que nous avons traversé la ligne de démarcation cet après-midi. Nous sommes en zone libre. Quelle joie pour les gens d’ici durant la seconde guerre mondiale. Quelle joie pour nous qui progressons vers notre but. Tout est relatif.

PHOTOS :


1) Itinéraire

2-3) Mr. Noël LAIGNEL, Maire de Crosy. 4) Vue aérienne de la Mairie. 5-11) Le château d’eau (énorme 35 m de haut) 6-7-8-9) Au gré de la promenade de Thémis.

20 – étape : Croisy – Le Pondy


20ème étape Croisy - les Gaumins (Le Pondy). 15/04/05. J’harnache sous la pluie c’est la première fois depuis le départ. Dès 7 H je suis sur la route. Il ne faut pas déplaire au chef. Je me rappelle être arrivé à l’étape il y a quelques jours trempé comme un canard. Je demande si mes vêtements seront secs le lendemain. La réponse est : « ce n’est pas mon problème ». Je pense à l’attention de mes soeurs vis-à-vis d’un certain José. Je revois la seconde paire de bas placée dans la mallette de mes enfant par temps de pluie : les poêles des écoles de Lamormenil et d’Odeigne entourés de chaussures, de gants, de vêtements, ma fin de carrière qui nage dans une mare d’amertume, la récompense qui n’est pas loin du plongeoir.

Ce matin, Edgard a pris un chemin reliant deux villages comme il y a peu en Belgique. Il me rappelle celui emprunté par le corbillard tiré par un cheval venant chercher ma maman en janvier 1954.

Nous arrivons tôt à Le Pondy. Edgard m’apprend que le maire est au Canada, mais son 1er adjoint a tout prévu pour notre accueil. Une fois de plus c’est le coeur qui parle. Le Maire absent est parmi nous par la photo et les évocations. C’est un pèlerin de Compostelle, à la barbe blanche, de 58 ans : (il y a beaucoup de ressemblance avec moi). Il a fait le pèlerinage avec un âne en 18 mois, aller et reour. Sur ce, je ne dis plus rien. Nous sommes des minuscules à côté de cette majuscule.

PHOTOS :


1) Mr. Clément JOUANNIN, 1er Adjoint au Maire faisant fonction. 2) Mr.&Me. JOUANNIN. 3) Edgard en compagnie de Mr.& Me. JOUANNIN. 4-5) Un article retraçant les périples de Mr. Bernard CATINAUD, Maire de Le Pondy. 6) Article - 7-8-9) L’aurevoir à la famille Jouannin.